« La stratégie gouvernementale d’implantation de la réforme du curriculum québécois (de 1997 à 2003) fortement critiquée et hachée menue »
Anylène Carpentier, professeure adjointe à l’Université de Montréal nous présente sa thèse de doctorat en administration de l’éducation titrée « Étude de la mise en œuvre de la réforme du curriculum québécois du primaire, de 1997 à 2003 ». Il est plutôt rare que nous prenions le temps nécessaire pour saluer un tel exploit, vanter l’accomplissement d’un tel travail accompli. Ici, nous souhaitions emboiter le pas tracé par un proche partenaire, Mario Asselin, ex-directeur d’école, blogueur en éducation et directeur général chez Opossum, apprentissages et technologies, afin de présenter un court passage d’un billet (dont nous empruntons ici le titre) qui se veut une synthèse sans prétention, mais habilement résumée. Nous sommes aussi d’avis que les résultats de cette impressionnante recherche devraient circuler davantage. Pour vous, nous en reproduisons un court extrait tout en vous invitant à lire la suite du billet chez Mario to de go et à consulter la thèse complète.
Quatre items ressortent de l’analyse des données de Mme Carpentier dont la thèse a été soutenue le 25 mai dernier:
• Un problème d’expertise majeur. « Les changements prônés par la réforme curriculaire faisaient référence, pour la plupart, à des concepts jeunes, abstraits et encore mal définis (compétences, compétences transversales, cycles d’apprentissage, évaluation des compétences, etc.) ».
• De multiples changements de culture simultanés. « Le modèle d’implantation “hybride” choisi et certaines des stratégies qu’il comportait, faisaient appel à des cultures de décentralisation, de collaboration, à tous les paliers, ainsi qu’à une culture de reddition de comptes. (…) Les changements de culture sont effectivement longs à réaliser, spécialement en milieu scolaire où la culture dominante (bureaucratie professionnelle) est extrêmement rigide et difficile à transformer ».
• Un contexte non propice à la mise en œuvre de la réforme curriculaire, « Deux éléments de ce contexte, respectivement mal considéré et non considéré en amont de la politique, ont occasionné des dérives majeures et simultanées dans plusieurs dimensions de la mise en œuvre qui a eu lieu sur le terrain : 1) les périodes de négociations syndicales : boycottage des formations, des instances, non-obtention d’une stratégie d’implantation prévue, luttes de pouvoir persistantes; 2) les multiples changements de ministres et les contraintes politiques : difficulté à porter le changement en cours, besoin de se dissocier pour faire sa marque, échéanciers politiques, etc. ».
• Des stratégies hybrides manquantes ou inadéquates : « Des stratégies importantes du modèle “hybride” ont été absentes et/ou inadéquatement ou difficilement déployées lors de la mise en œuvre de la politique curriculaire; éléments qui semblent pouvoir expliquer, partiellement, certains problèmes majeurs d’implantation vécus : 1) la nécessaire pression à mettre sur les metteurs en œuvre du changement, 2) l’absence d’évaluation formelle et 3) problèmes d’information ».
