Redonner l’école à l’école

L’effervescence de la rentrée s’est fait sentir un peu partout dans la blogosphère cette semaine. En plus des billets de toute une faune d’acteurs voués au mieux-être de l’éducation, il fallait lire les gazouillis sur Twitter d’enseignants réaffirmant combien ils font le plus beau métier qui soit. C’est bien là un des avantages du web de présenter le reflet senti d’une masse importante de passionnés pour la réussite de l’élève qui reformulent pour la rentrée le souhait sincère de continuer à aimer autant permettre de réussir!

image-1Ce que l’école présente de plus magique lorsque toute une communauté s’y affaire est certainement d’offrir à chaque enfant la chance de recommencer, au moment de la rentrée, avec un tableau personnel aussi propre qu’il désire se l’offrir. C’est d’ailleurs ce que soulève très pertinemment Marie-Andrée Chouinard dans son éditorial publié le 24 août dernier dans le quotidien Le Devoir. « (…) l’emballement pour la reprise de l’école, la douce ivresse et la trépidation des premiers temps, l’envie de faire d’un dossier vierge une possible histoire à succès. La morosité, qu’on se le dise, se marie mal à l’ardeur et au zèle. » On ne saurait lui reprocher de mettre en lumière l’attitude rabat-joie d’une classe politique qui préfère brandir les réalités liées au décrochage scolaire au moment où chaque élève doit profiter pleinement de l’enthousiasme que lui inspirent tous les acteurs de l’école.

Il existe pourtant bon nombre de personnalités, d’organismes et d’initiatives qui permettent d’affirmer que l’on croit encore au rôle extraordinaire que peut jouer l’école pour celui, et le seul qui la préoccupe, l’élève. Partout, des gestes concrets sont posés par des individus qui comprennent que l’un des premiers facteurs de réussite de l’élève est de ressentir la passion d’apprendre, relayée par un milieu scolaire qui s’en rend responsable et loyal en tant que valeur première. Madame Chouinard cite d’ailleurs une étude publiée par le C.D. Howe Institute sur les facteurs de succès à l’école. « Voguant à contre-courant, l’auteur a remonté la filière des résultats des écoles publiques de l’Ontario pour comprendre que les individus croisés sur la route de l’enfant faisaient toute la différence, peu importe le milieu: un bon prof, un directeur dynamique, un surveillant disponible, une psychologue à l’écoute. »

On notera à juste titre qu’il n’est aucunement question de plans, de table de concertation socio-politique, de commissions parlementaires, d’arrêté ministériel, d’appel à la peur paralysante en brandissant toutes les possibles difficultés qui attendent l’école, non! Il est question des ressources humaines d’une école, qui peuvent faire la différence extraordinaire que toute personne qui a su un peu s’approcher réellement de l’école aura pu constater. Ces ressources, elles sont aussi significatives qu’indispensables et les plans les plus ingénieux ne sauront les remplacer, surtout lorsque ces plans ne sont pas accompagnés des ressources financières pour les appliquer. Éloigner la réflexion de l’école, en priver ses acteurs des moyens financiers pour agir revient donc à nier le rôle particulièrement salvateur que jouent les enseignants, les conseils d’établissement, les directions d’école, et les parents.

Le vœu, le seul que l’on puisse formuler en tant que direction d’établissement, est certainement de redonner l’école à l’école, pour qu’elle puisse librement se donner à l’enfant. Ce dernier, animé du désir d’apprendre, d’apprendre à apprendre, saura bien trouver auprès de qui entretenir cette passion des apprentissages. Et nous persisterons, en tant que direction scolaire, à entretenir les conditions gagnantes pour que se réalise ce voeu, en respect des spécificités de chacun de nos milieux respectifs.

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