De jeunes mentors pour la relève

Le 20 septembre dernier, lors de son premier dîner de la saison,  la Jeune Chambre de Commerce de Montréal dévoilait sa stratégie 2010-2013 pour la persévérance scolaire. Monsieur Jacques Ménard, président de BMO groupe financier (Québec), bien connu du milieu des affaires québécois mais aussi pour son engagement de citoyen dans la lutte au décrochage scolaire, participait à cet événement.

D’entrée de jeu, il rappelle qu’au Québec, seulement 69 % des jeunes ayant atteint l’âge de 20 ans ont en poche leur diplôme d’études secondaires ou une équivalence.  Son objectif : que ce taux passe à 80 % d’ici 2020.

Le projet est ambitieux et selon monsieur Ménard, pour y arriver, le plan d’attaque doit :

  • privilégier une approche locale et régionale;
  • agir tout au long de la vie de l’enfant et ainsi prévenir le décrochage au secondaire;
  • assurer une transition efficace vers les secteurs professionnels;
  • évaluer régulièrement les interventions pour s’assurer de leur efficacité.

Citant le vieil adage africain : « il faut un village pour élever un enfant », il est persuadé que la réussite scolaire est non seulement un enjeu pour les milieux scolaires et sociaux mais aussi et particulièrement, pour le secteur économique, d’où l’importance de sensibiliser le milieu des affaires à s’impliquer dans la lutte au décrochage scolaire.

Le vieillissement de la population et les besoins accrus des entreprises pour une main-d’œuvre plus qualifiée,  la nécessité  d’améliorer la productivité du Québec et les besoins de citoyens mieux rémunérés pour faire face aux défis fiscaux à venir sont autant de bonnes raisons de s’impliquer pour la communauté des affaires, selon monsieur Ménard. “L’éducation est le vecteur le plus porteur pour l’augmentation de la productivité ” déclarait-il.

La Jeune Chambre de Commerce de Montréal répond positivement à l’appel de monsieur Ménard. La base de sa stratégie concerne le déploiement du talent et l’expertise de ses membres de façon efficace et professionnelle. Elle invite ainsi ses membres à s’impliquer auprès des jeunes en s’associant à deux organismes d’expérience : Fusion Jeunesse et Academos.

Fusion Jeunesse

Gabriel Bran Lopez, fondateur de Fusion Jeunesse, donne des conférences dans les écoles afin de partager ses passions, ses expériences et encourager les jeunes dans la poursuite de leurs études. Plusieurs d’entre eux lui ont confié avoir des projets qui pourraient les stimuler mais déplorent l’absence d’encadrement et de moyens financiers pour les réaliser. Avec l’appui d’entreprises comme Bell, Hydro-Québec, la Banque de Montréal et les universités, il recrute des étudiants universitaires pour travailler, 15 heures/semaine, de septembre à juin, avec des jeunes du secondaire d’écoles ciblées.  À titre d’exemples, une coopérative de services dans un quartier a été mise sur pied afin de donner des emplois aux jeunes; un groupe a participé à un concours de robotique; d’autres ont eu des instruments de musique leur permettant de s’adonner à leur passion.  Pour plus d’informations sur Fusion Jeunesse et pour faire appel à leurs services dans votre école, je vous invite à consulter leur site au www.fusionjeunessequebec.org.

Academos

Academos, une entreprise née de la recherche doctorale de Katerine Légaré, a créé un site Internet mettant en lien des cyber mentors et les jeunes à la recherche d’un métier. Par courriel, les jeunes peuvent poser des questions de façon sécuritaire et confidentielle à des personnes pratiquant le métier qu’ils envisagent. 267 écoles et 2 300 mentors ont participé à ce système de mentorat. L’an dernier, 14 000 jumelages ont été effectués.  « 76 % des élèves ont affirmé que leur mentor avait eu de l’influence dans leur choix de carrière et qu’ils étaient plus motivés à poursuivre leurs études » déclarait madame Légaré. Vous pouvez donc encourager vos élèves à faire appel à un mentor en consultant le site www.academos.qc.ca

La Jeune Chambre de Commerce de Montréal croit fermement que la communication et le partage d’expériences entre de jeunes adultes et des adolescents ou préadolescents sont une façon efficace de s’impliquer dans la persévérance scolaire. Ses membres sont assurément tous désignés pour devenir de jeunes mentors.

Quels liens devrions-nous créer entre le milieu des affaires et celui de l’éducation? Comment pouvons-nous les encourager à collaborer ensemble pour favoriser la persévérance scolaire?

Benoît Archambault, président, Succès Scolaire

Rubrique : Par la porte d’en arrière

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