Un gars c’t'un gars !
Alex Perron me pardonnera « l’affront » de lui avoir emprunté le titre de son premier spectacle solo pour inaugurer cette première chronique « Pas dans ma cour? ». C’est le titre dont j’avais besoin pour illustrer que le débat sur la place que l’école fait aux garçons dans les établissements scolaires du Québec doit continuer.
À la rentrée, on apprenait de Statistiques Canada que les garçons décrochent à la hauteur de 11 % de plus en Ontario qu’au Québec (basé sur la réalité terrain de 2007). Ça nous fait une belle jambe!
Depuis quelques années, le chercheur Jean-Claude St-Amant (Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire) s’emploie à nous raconter qu’il existerait «une très nette surestimation du taux de décrochage des garçons par rapport à celui des filles. » (es garçons et l’école. Montréal, Les éditions Sisyphe, 2002.) Ah bon…
Ces deux points militent pour que la direction d’école pratique une politique de l’esquive en matière d’encadrement scolaire et pédagogique par rapport aux besoins spécifiques des garçons. Le problème du décrochage chez les garçons par rapport à celui des filles ne serait pas suffisamment documenté pour légitimer des « accommodements raisonnables » (j’ose l’expression).
Dans le contexte où cet automne 2010 aura peut-être réussi à brûler une autre expression - Agir autrement - il faut se demander jusqu’à quel point on devra tolérer qu’autant de garçons expriment leur désarroi devant un milieu scolaire qui les porte vers la sortie de nos établissements?
Pourtant, des directions d’écoles publiques ont porté la cause des garçons bien en vue. Les Yves Archambault et Raynald Goudreau, entre autres, sont intervenus sur la place publique pour proposer des aménagements susceptibles de favoriser davantage la réussite scolaire des garçons. Dans un dossier paru au Soleil de Québec en août 2010, Égide Royer, psychologue et professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval, allait jusqu’à dire que « le réseau scolaire doit d’abord reconnaître que les garçons sont plus à risque que les filles » et tant qu’un consensus n’émergera pas sur cette question, ce sera difficile d’adopter des solutions concertées et efficaces.
Pas dans ma cours, cette question de la réussite scolaire des filles et des garçons!
Reconnaître qu’il est possible de mettre des efforts spécifiques pour la réussite des garçons sans compromettre ceux faits pour les filles est une piste de solution.
On sait tous en tant qu’homme que derrière le « Un gars c’t'un gars », il y a en même temps le désir d’être compris dans sa nature et une main tendue pour apprendre à dépasser ses limites.
Je nous invite à nous mêler de nos affaires, hommes et femmes en éducation!
Rubrique : Pas dans ma cour
__________
Je fais référence à l’étude des chercheurs de l’Université de Montréal, sous la direction de M. Michel Janosz dont les résultats ont été publiés en septembre et qui démontreraient que «300 $ millions de dollars de fonds publics ont été dépensés en pure perte» dans le programme «Agir autrement».
