Pour un réussite scolaire personnalisée
Plusieurs écoles font des efforts louables pour contrer le décrochage scolaire. Bravo! Mais dans un système d’éducation surbureaucratisé, on fait trop souvent porter ses énergies sur de nouvelles règles et de nouvelles structures. Pourtant, tout se joue sur la relation pédagogique et sur l’attention portée au récepteur de la transmission des connaissances et de la culture. Or, c’est l’enfant qui donne son sens aux messages transmis, comme dans toute communication. Alors, le connaissons-nous bien ?
Chaque enfant est unique, tout comme chaque parent, chaque enseignante, chaque enseignant et chaque responsable d’une école. Chacune de ces personnes est aussi marquée par sa famille, son histoire personnelle, son quartier, sa ville ou son village, la société globale et les nouveaux moyens de communication. Conscients ou non, nous nageons donc en pleine diversité, en totale complexité.
Enseigner ou gérer, c’est créer au quotidien. En conséquence, si l’on veut vraiment rejoindre nos interlocuteurs, le sens du message que l’on adresse doit être le plus près possible du sens que son récepteur lui donne. Ainsi, au-delà des réformes structurelles, c’est la qualité des personnes intervenantes qui fait la différence, surtout leur capacité d’écoute. Or, combien d’enseignantes, d’enseignants et de responsables d’école fréquentent suffisamment les parents et le quartier de leurs élèves pour bien les comprendre ?
Au sommet hiérarchique d’une école, nous n’avons donc besoin ni d’un « chef » comme dans l’armée, ni d’un « directeur » comme dans une usine de production à la chaîne, mais bien d’un « coordonnateur-facilitateur », présent au quotidien sur le plancher, qui gère du bas vers le haut. Il est essentiellement un soutien à la créativité des acteurs de première ligne, dans la poursuite de la mission commune, tout en se souvenant que toute innovation commence par une désobéissance. Les commissions scolaires doivent alors favoriser la diversité, donc tolérer un certain chaos.
La mobilisation pour la réussite personnelle de chaque élève n’adviendra pas par des réformes de structures mais par des concertations quotidiennes de personnes créatives, vers des objectifs communs.
Normand Wener, PhD en sociologie, professeur titulaire retraité, spécialisé en communications organisationnelles

Je me délecte de ce texte, principalement les deux derniers paragraphes ! Elle est là, la solution, tout près, si près qu’on l’oublie… ou qu’on veut trop la “contrôler”, selon les milieux !
J’en ai apprécié, moi aussi, la lecture. Je ne connaissais pas cet auteur, mais de toute évidence, il connait la réalité scolaire.
À relire et à méditer. Souvent.