Un partenariat fécond au service de chaque enfant !

ÉCOLE COMMUNAUTAIRE ENTREPRENEURIALE « CONSCIENTE1 »

rino_levesqueLe temps serait-il venu de proposer une école encore plus «inclusive» au service de chaque enfant, par le recours à un partenariat structurant avec la communauté, permettant d’apprendre d’une manière plus globale; et d’y développer une culture entrepreneuriale consciente, vraiment utile et durable pour toute la vie ?

N’est-il pas souhaité que l’école contribue méthodiquement à ce que chaque enfant apprenne à s’entreprendre avec conscience dès le plus jeune âge ? Cette forme d’«entreprise de soi» correspond à l’esprit profond animant la vision renouvelée et « humanisant »e que propose l’École communautaire entrepreneuriale « consciente » (ECEC). Une école du 21e siècle, inclusive et «nouveau genre», où l’effort collectif veut qu’aucun de nos enfants ne soit oublié. Chacun (membre de l’équipe-école, parent, partenaire et direction) est appelé à s’engager selon une démarche progressive et équilibrée, main dans la main, école et communauté unifiées, à rompre le cycle de la pauvreté et à changer le monde : celui de l’enfant et le nôtre, « éducateurs », aujourd’hui à l’école; celui aussi de chacun, demain en société.

Défis de l’école

Les défis à l’école se multiplient et leurs origines proviennent souvent de diverses sources de décrochage, miroir d’une pauvreté pluricausale2. Réduire significativement le nombre de jeunes décrochés demeure un défi constant auquel sont confrontées les écoles. Ce gaspillage éhonté prive plusieurs d’entre eux de choix de carrière correspondant à leur véritable intérêt, et chaque communauté de potentiels en devenir. Un second défi tout aussi indispensable est celui d’offrir à ceux qui vivent des difficultés, à ceux qui fonctionnent plutôt bien de même qu’aux plus talentueux, une éducation et une formation à valeur ajoutée qui leur sera utile toute leur vie, et profitable à l’ensemble de la collectivité.

Éducation et culture entrepreneuriales conscientes

À l’heure où le monde est devenu un village global et que tout est en « interinfluence », éduquer à la conscience planétaire apparaît vraiment essentiel, peut-être même urgent. Éduquer aussi à la conscience communautaire alors que de nombreux besoins tout aussi pressants se trouvent juste là, autour de nous. Éduquer et former à un tel entrepreneuriat conscient et plus humanisant est tout à fait possible, mais au moyen d’une alliance « école-communauté » renouvelée. Des partenariats multiples « école-communauté » peuvent ainsi contribuer à préparer adéquatement une relève de jeunes innovants, entreprenants et entrepreneurs plus responsables et plus ingénieux. Les objectifs majeurs d’une telle éducation consistent en ce que chaque jeune :

  • devienne compétent à s’entreprendre, à entreprendre, à créer l’innovation de façon consciente, responsable et autonome;

  • soit davantage motivé de venir apprendre à l’école et qu’il y réalise des apprentissages de meilleure qualité dans toutes les matières et au niveau des compétences durables associées aux technologies et au 21e siècle;

  • développe la capacité d’apprendre par lui-même/elle-même pendant toute sa vie;

  • développe de façon progressive la confiance en soi, son « empowerment3 » et le marketing de soi4;

  • apprenne graduellement à oser prendre des risques mesurés, à innover dans des contextes variés et complexes;

  • soit compétent à relever les nouveaux défis du 21e siècle dans sa communauté, en évolution dans une mondialisation sans frontière;

  • soit compétent à contribuer avec conscience à une économie de justice, à une prospérité équitable pour tous et à un monde vraiment viable socialement, économiquement et écologiquement.

Enfin, une culture entrepreneuriale consciente pour tous et toutes offre l’espoir d’une meilleure compréhension de l’impact de nos modes d’entrepreneuriat sur soi, les autres (société), l’environnement (la nature), la planète et la vie sous toutes ses formes. La dimension éthique y occupe une place prépondérante.

L’école communautaire entrepreneuriale « CONSCIENTE » : une synthèse

L’ECEC dispose d’une architecture composée d’organisations spécifiques (17), appelées composantes structurantes, qui la maillent à sa communauté (communautarisation5) d’une manière stratégique afin de répondre à des besoins spécifiques qu’elle identifie. L’ECEC est « autonomisante. responsabilisante et transformante ».

VISION

      • Que chaque enfant soit heureux de venir APPRENDRE, S’ENTREPRENDRE et ENTREPRENDRE à l’école.

MISSION

      • Développer, dès le plus bas âge, une culture de l’apprentissage autonome et de l’entrepreneuriat conscient au service de la santé globale6 des enfants, des familles, des partenaires et des communautés.

RAISONS

  • Contrer le décrochage, la pauvreté, le chômage et l’inégalité des chances.

  • Faire en sorte que chaque enfant puisse, aujourd’hui comme à l’âge adulte, avoir une vie saine, équilibrée et heureuse sur le plan éducationnel, culturel, social et économique.

  • Susciter le développement viable et durable de chacune des communautés-régions et de l’ensemble de la société.

MOBILISATION

  • Une équipe profondément engagée.

  • Un projet rassembleur « école-communauté ».

  • Une vision commune des valeurs auxquelles l’équipe adhère.

  • Un climat de bienveillance et d’entraide.

  • Une école organisée pour créer et innover au plan pédagogique et éducatif en continu au profit des enfants, de l’équipe-école et de toute la communauté.

CONCEPT GUIDE

      • Partenariat en formation : École-Communauté (PFEC)7

CLÉS MAÎTRESSES ET STRATÉGIES DE CHANGEMENT CULTUREL

  • Chaque année, l’école détermine de façon autonome les composantes structurantes qu’elle souhaite mettre en place.

  • La mise en œuvre se fait selon les besoins et le rythme de l’école. (Des composantes structurantes peuvent être naturellement présentes dans certaines écoles).

  • Mécanisme d’implantation suggéré : Système Clés8.

  • Système d’accompagnement progressif, signifiant et gratifiant.

CONDITION

      • Créer une nouvelle alliance entre l’école, la famille et la communauté, visant un réel partage de la responsabilité d’éduquer.

IMAGE SYNTHÈSE

      • Il faut toute une communauté-école pour éduquer et former un enfant !9

L’école Cœur-Vaillant : 1re école communautaire entrepreneuriale

En août 1999, l’école Cœur-Vaillant10 est aux prises avec une forte décroissance de sa clientèle. De nombreux phénomènes de délinquance alliés à un taux de pauvreté de 30 %, y sévissaient. Par ailleurs, une riche diversité culturelle est présente, soit environ le tiers, plus de 22 langues différentes y sont parlées. L’école y voit là un avantage important, offrant une multiplicité d’opportunités éducatives et pédagogiques.

SAC Entrepreneuriat : un programme d’apprentissage rassembleur

Trois années intenses sont requises pour bâtir un projet d’apprentissage rassembleur original, le programme SAC Entrepreneuriat, SAC étant l’acronyme de Sport, Arts et Culture. SAC Entrepreneuriat est le projet éducatif officiel de l’école ; il s’agit d’un programme pédagogique et éducatif multi-volets offert à tous les enfants, de la maternelle à la 6e année. Conçu par les enseignants et les éducatrices du service de garde avec l’appui de partenaires de la communauté, et animé de façon constante par la direction, SAC Entrepreneuriat devient en peu de temps le fer de lance de l’école. Au plan structural, il s’agit d’un Programme d’apprentissage en entrepreneuriat conscient (PAEC). C’est ce que nous appelons une composante structurante puisqu’elle requiert une organisation spécifique et « communautarisante » ; le PAEC agit comme une véritable locomotive transformationnelle au cœur de l’ECE.

Programmation à la carte

Dès 2002, chacun des enfants de cette école accède à une variété impressionnante d’options à la carte, grâce à quatre modèles de programmation à la carte (PAC). La PAC pédagogique consiste en une organisation de croisement des niveaux qui fonctionne selon un mode en rotation. Tous les enfants de chacun des cycles organisationnels (cycle I = maternelle, 1re et 2e années; cycle II = 3e et 4e années; cycle III = 5e et 6e années) expérimentent annuellement des projets reliés aux volets Sport, Arts, Culture et Entrepreneuriat. Selon les groupes d’âge (cycle), les enfants bénéficient, une à trois heures par semaine, d’une expérience d’apprentissage dans chacun des volets. Note : Le volet Entrepreneuriat se vit en plus de façon intégrée en classe. La PAC éducative se passe après les heures de classe et offre une panoplie d’options liées aux quatre volets du programme. La PAC au service de garde permet aux enfants qui fréquentent ce service de profiter gratuitement d’options SAC Entrepreneuriat. Enfin, la PAC communautaire donne accès aux familles et à la communauté à leur école le soir et les fins de semaine, en bénéficiant d’activités et de projets répondant à leurs besoins. C’est ainsi que le modèle d’une école ouverte, 7 jours sur 7, est mise de l’avant.

Compétences Plus

Des services originaux pour contrer directement le décrochage sont développés, dont Compétences Plus, qui complémente le plan d’intervention. Cette organisation est destinée à tous ceux et celles qui éprouvent des difficultés d’apprentissage, comportementales et même à d’autres jeunes que l’on dit talentueux. Un solide partenariat avec la communauté est à nouveau requis, notamment avec des personnes à la retraite (dont des enseignants), des étudiants et autres. Fait à noter : au Nouveau-Brunswick, un partenariat fut établi avec la Fédération des caisses populaires acadiennes, celle-ci permettant à leurs employés d’agir en tant que bénévoles auprès d’enfants dans les écoles communautaires. Par exemple, ils accompagnent des jeunes éprouvant des difficultés en lecture.

Les ASSA

Le volet Sport donne naissance à une composante structurante de renom, les Activités sportives et de santé animées (ASSA). Elle oblige, en douceur, tous les enfants à réaliser 30 minutes d’activités physiques et de santé par jour, selon une organisation structurée impliquant, encore une fois, les enseignants et des partenaires de la communauté. Il y a les ASSA extérieures (90 % du temps = activités physiques) et les ASSA de pluie à l’intérieur (10 % du temps = activités de santé globale).

Une grande innovation organisationnelle et pédagogique - l’APEEC

Un nombre considérable d’activités pédagogiques et éducatives novatrices émerge des volets Sport (+ santé), Arts, Culture (+ « littératie »). Tout au long de sa formation, au moyen de l’approche pédagogique et éducative en entrepreneuriat conscient (APEEC), l’enfant est amené à intégrer les rôles d’Initiateur, de Réalisateur et de Gestionnaire de projets. Ces trois rôles favorisent le développement de douze qualités, de trois forces, de trois attitudes et de trois compétences entrepreneuriales conscientes chez chaque jeune. De nombreux projets entrepreneuriaux prennent vie chaque année, incluant le déploiement d’un système de micro-entreprises pédagogiques (une quinzaine) de type environnemental, de service, de distribution, de transformation et international. Une micro-chambre de commerce des entrepreneurs, le Conseil des jeunes entrepreneurs (CJE), complète ce dispositif organisationnel en entrepreneuriat.

L’APEEC est une approche intégrée, elle favorise donc à la fois l’acquisition d’apprentissages transdisciplinaires liées aux matières académiques de base (ex. « littératie » langagière, mathématiques, sciences et autres). En voici quelques exemples : Cuisine Interculturelle Inc. en 1re et 2e années (un restaurant de cuisine santé intégrant les sciences, le français et les mathématiques); Bureau en petit Inc. en 2e année (un magasin de fourniture scolaire intégrant les mathématiques); Coffre à jouet Inc. en 3e et 4e années (une joujouthèque pour les enfants, entre autres au service des plus défavorisés, intégrée dans l’école); Mini-musée de quartier en 3e et 4e années (un musée sur la vie d’autrefois du quartier de l’école intégrant l’univers social et le français); Fromagerie Inc. en 5e année (une micro-entreprise de distribution de fromage intégrant les sciences); Nuit de la poésie en 2e et 5e années (un projet entrepreneurial culturel en « littératie »); Pulperie11 Inc. dirigée par les classes de 6e année et impliquant plusieurs classes de l’école (intégrant les sciences, les mathématiques et le français), et plusieurs autres. Cette approche permet ainsi d’apprendre autrement et plus globalement par et en entrepreneuriat conscient, en plus d’avoir des effets qui raccrochent les jeunes à un nouveau sens en rapport à leur école.

Célébrer la pédagogie innovante et de l’entrepreneuriat conscient

La foire pédagogique en entrepreneuriat conscient annuelle est une fête des apprentissages pour tous les enfants de l’école. Ils y exposent et expliquent les projets dont ils sont le plus fiers. On y retrouve des projets pédagogiques variées SAC Entrepreneuriat. Des vitrines ornent alors les classes, les corridors et le hall d’entrée de l’école. Plusieurs jeunes sont même en action au cœur d’une micro-entreprise pédagogique sous le regard curieux et parfois touché du public (parents, partenaires et autres invités). Dans l’une d’elles, Petites plumes Inc. (une maison d’édition), un petit garçon de 7 ans - provenant d’un milieu modeste et éprouvant des difficultés d’apprentissage - dira avec fierté et émerveillement : « …tu sais c’est vraiment moi-même qui ai écrit ce livre, tout seul. J’ai même ma photo et une biographie de moi à l’endos du livre …, je suis un vrai auteur …vous savez ». Plusieurs enfants surmontent leur timidité et prennent le risque de s’adresser à des personnes qu’ils ne connaissent pas. Ils sont aussi amenés à jouer à l’expert, ce qui amplifie le sentiment de fierté tout en développant de façon simultanée l’estime et la confiance en soi. L’entreprise de soi s’y développe de façon naturelle, presque par magie.

Implantation au Nouveau-Brunswick

Au printemps 2005, l’ECE de Saint-André - une école acadienne en milieu rural située dans le nord ouest du Nouveau-Brunswick - suscite un intérêt marqué pour cette façon de faire l’école autrement. Le succès favorise ainsi la naissance l’année suivante de deux autres ECE au N.-B., l’une située dans la petite ville de Neguac (nord-est), le Centre scolaire et communautaire Lafontaine, et la seconde à l’école la Croisée du village de Robertville (nord). L’ECE servira ainsi de base conceptuelle et structurale à l’École communautaire du Nouveau-Brunswick (ECNB) qui prend dès lors son envol. Actuellement, 75 % des écoles primaires et secondaires francophones acadiennes fonctionnent selon cette organisation.

En Afrique

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, une autre ECE voit le jour en 2007, fondée sur les mêmes bases structurales, au Complexe scolaire et universitaire de la Cité Vie Nouvelle de Cotonou au Bénin. Les éducateurs africains la rebaptisent, avec encore plus de justesse, École communautaire entrepreneuriale « consciente ». Plus récemment, en mai 2010, une entente entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et un partenaire marocain annonce la venue de deux nouvelles ECE dès 2011, cette fois-ci au Maroc, l’une située à Casablanca et l’autre à Marrakech.

Des petits miracles

«…le plaisir d’apprendre est la conséquence la plus évidente de la mise en œuvre du programme SAC Entrepreneuriat à l’école Cœur-Vaillant. C’est vrai pour les enfants qui réussissent plutôt bien à l’école tout comme pour les enfants qui éprouvent des difficultés d’apprentissage et de comportement (EHDAA). Aux dires de nombreux parents, d’enseignants et d’éducatrices du service de garde, on assiste souvent à de petits miracles. Le contexte généralisé de plaisir et de motivation à apprendre se manifeste de diverses façons. Depuis 2002, surtout chez les enfants du 3e cycle (5e et 6e années), on observe une chute radicale des problèmes de délinquance, phénomène devenu quasi inexistant. Chez les enfants allophones (38 %), ce climat accélère le processus d’intégration à la culture québécoise et d’apprentissage de la langue française et des autres matières. De surcroît, les enfants dits doués relèvent des défis à la hauteur de leurs talents. Ils peuvent régulièrement assumer des responsabilités plus grandes et expérimenter le plaisir de pousser plus loin leurs compétences grâce aux diverses options SAC Entrepreneuriat vécues en classe ou offertes à la programmation à la carte ».12

Fait à noter : Les enseignants et les directions d’école engagés dans l’ECE ou ECNB disent massivement ne pas vouloir revenir en arrière. Les jeunes affirment aimer davantage venir apprendre à l’école. Les résultats académiques augmentent dans plusieurs écoles.

Facteurs de succès

Parmi les facteurs de succès, il faut souligner l’engagement des enseignants, des directions d’école et des districts scolaires de même que celui de nombreux parents en tant que réels partenaires éducatifs. Un aspect fondamental de la réussite tient au fait que d’autres partenaires de la communauté viennent compenser diverses insuffisances - ex. : certains défis concernent les parents alors que d’autres sont liés aux limites du système éducatif en place. La notion de choix constitue également un élément clé du succès constaté. Par exemple, le fait que les enfants, le personnel et des personnes de l’environnement de l’école s’impliquent dans des activités qu’ils ont eux-mêmes choisies, a un impact important sur le sens des apprentissages et sur la motivation à apprendre et à participer activement. À noter que les problèmes de comportement ont diminué de façon radicale lors de ces activités. L’expertise variée des personnes de la communauté et son impact « communautarisant »  -c‘est la grand-maman de Jonathan et l’entrepreneur M. Brunet qui sont venus nous aider - sont d’autres facteurs importants dans la réussite de cette pédagogie en entrepreneuriat conscient. Enfin, le recours à une pédagogie expérientielle et novatrice (APEEC) a contribué à revitaliser et à renforcer l’énergie de la pratique professionnelle des enseignants.

Un défi à la hauteur du leadership de la direction d’école

L’école d’aujourd’hui cherche à se repositionner face aux défis auxquels elle et la société sont confrontées. Or, plusieurs d’entre nous demeurent devant une impasse lorsque vient le temps de proposer une façon de rebâtir son école, c’est-à-dire de restructurer l’organisation d’ensemble pour mieux intervenir. Le leadership mobilisant et partagé de chaque direction d’école peut servir à construire un regard nouveau et d’ouverture13, faire jaillir, de l’esprit des éducateurs et de partenaires communautaires engagés, une innovation organisationnelle pouvant raccrocher, tout d’abord, ceux qui œuvrent à l’école.

Le véritable pouvoir transformateur se trouve dans chacune des classes, où les enseignants en sont tous porteurs. Ils sont la clé de voûte du véritable changement qui modifie, renouvelle et transforme. Leur vision, leur compréhension, leur volonté sont absolument capitales à la réussite de changements qui améliorent les chances de succès de chaque jeune. Ils ont entre leurs mains au quotidien le devenir des communautés et des sociétés de demain. Or, la direction est le maître d’orchestre de cette grande mission pour laquelle s’exécute l’ECE. Elle dirige en aimant et accompagnant avec conviction et détermination toute l’école et la communauté partenaire.

En février 2010, lors d’une visite de l’école Cœur-Vaillant de M. Michel Pigeon, pédagogue de carrière et ex- recteur de l’Université Laval, actuel député de Charlesbourg et adjoint parlementaire de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, ravi par ce qu’il venait de voir, pose alors la question suivante aux enseignantes : « Quelle est la raison profonde de votre engagement depuis tant d’années à l’égard de ce projet ? ». Unanimement et spontanément, les enseignantes répondirent : «Parce que nous aimons beaucoup les enfants! ».

Conclusion

Il est tout à fait possible de réaliser des apprentissages académiques

par l’ENTREPRENEURIAT CONSCIENT et d’APPRENDRE plus globalement

heureusement, PAS TOUJOUR SEUL !

L’école et la communauté sont munies de forces complémentaires qui peuvent agir comme moyens compensatoires au service l’une de l’autre. C’est dans cette perspective qu’a été imaginée l’idée de développer une nouvelle alliance entre l’école et sa communauté par la création de l’École communautaire entrepreneuriale « consciente ».

Il importe de saisir, devant l’ampleur du défi d’éduquer et de former, «…que l’école, aujourd’hui plus que jamais, est le cœur de la communauté»14. Le leadership menant aux transformations essentielles ne peut être que celui qui origine de la direction d’école; en ce sens, un leadership mobilisateur et partagé est essentiel. C’est ce leadership qui permet de rendre l’école vraiment inclusive, c’est-à-dire ouverte à toutes les différences au moyen d’un partenariat fécond au service de chaque enfant.

Notre plus grand souhait est que le présent article génère en vous un sentiment de découverte ou de redécouverte. Qui sait, peut-être même saura-t-elle, l’ECE « consciente », vous inspirer suffisamment pour dessiner à votre tour une école de rêve, qui rassemble et vous ressemble, au plus grand bénéfice des enfants que vous aimez.

Il n’y a rien d’aussi fort qu’une idée dont le temps est venu !

VICTOR HUGO

Note : Suivant la venue du programme SAC Entrepreneuriat, l’école Cœur-Vaillant a expérimenté une augmentation constante de ses inscriptions d’enfants : passant de 11 classes (250 jeunes) en 2001 pour atteindre sa capacité maximale en 2007 de 16 classes (356 jeunes).

Note : L’École communautaire entrepreneuriale a obtenu des reconnaissances de la Commission canadienne pour l’UNESCO, du World Entrepreneurship Forum et de Microsoft Corp. L’ECE de Saint-André au Nouveau-Brunswick est devenue, en novembre 2009, la première école publique canadienne à être désignée École Innovatrice Microsoft.

FIN

Remerciements

Au Québec : À chacune des enseignantes, éducatrices, professionnels, parents, partenaires de la communauté et directeur actuel de l’École-des-Cœurs-Vaillants, M. Jean-Sébastien Reid. Votre dévouement, votre compétence et le fait d’avoir accepté de voir différemment et de faire autrement a donné vie au programme SAC Entrepreneuriat et à la première école communautaire entrepreneuriale au Québec. Merci aussi aux amis et partenaires québécois de même qu’à la Commission scolaire des Découvreurs. Au Nouveau-Brunswick : à M. Alain Poitras, actuel directeur du Programme des écoles communautaires du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, il fut le premier directeur d’une école communautaire entrepreneuriale au Nouveau-Brunswick, celle du village de Saint-André. À M. Robert Boudreau, conseiller à la conception et à la pédagogie, pour son accompagnement à la pensée et à l’écriture. Un très grand merci aux directions, enseignants et autre personnel des écoles communautaires, de même qu’aux directions générales, à chacune des équipes des districts scolaires, notamment aux coordonnateurs des écoles communautaires et aux partenaires (très nombreux) de la communauté acadienne. Un merci exceptionnel aux trois gouvernements successifs du Nouveau-Brunswick (période 2004 à 2011) et au sous-ministre de l’éducation, M. Roger Doucet, sans qui cette belle aventure n’aurait pas pu prendre vie en Acadie.

Rino Levesque fut le directeur de l’École-des-Cœurs-Vaillant (école Cœur-Vaillant et école Cœur-Vaillant-Campanile) - 1999 à 2007. Auteur et concepteur du concept Partenariat en Formation : École-Communauté (PFEC), de l’École communautaire entrepreneuriale (ECE) et de l’approche éducative et pédagogique en entrepreneuriat conscient (APEEC), il s’intéresse aux concepts des écoles communautaires depuis près de 20 ans. Depuis 2005, il a eu l’immense privilège d’accompagner un nombre croissant d’écoles communautaires acadiennes à la mise en œuvre des bases structurales de l’ECE. En 2009, il devient membre officiel du World Entrepreneurship Forum (55 pays représentés), en tant qu’expert canadien en éducation entrepreneuriale chez les jeunes. Il agit actuellement à titre de conseiller et partenaire en éducation : transformation, innovation pédagogique, entrepreneuriat conscient auprès du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, de même qu’au niveau canadien et international dans le secteur de l’éducation.

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Enfants de l’ECE de Saint-André, le maire du village M. Lionel Poitras et un conseiller municipal

Projet entrepreneurial de «santé alimentaire»

dans le cadre des ASSA de pluie du programme ACCES ERSA

Source : École-Régionale-de-Saint-André (N.-B.), 2009

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Bureau en petit Inc. derrière les enfants Étude de marché réalisée par les enfants

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Enfants de 2e année

Concours québécois en entrepreneurIAT

Grands Prix national remis à BUREAU EN PETIT Inc.

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M. Pierre Reid, ministre de l’Éducation à gauche

De l’école Cœur-Vaillant (de gauche à droite) : Marie-Andrée Lambert (président du conseil d’établissement), Jean-Yves Pelletier (commissaire à la CS des Découvreurs), Jean-Sébastien Reid (directeur adjoint), Élisabeth Morin (enseignante de 2e année au centre), Hana Gogalic et Tristan Harel (enfants)

École communautaire entrepreneuriale : profil de sortie du jeune

CIBLES ÉDUCATIVES ENTREPRENEURIALES CONSCIENTES

(compétences durables)

Compétences

S’entreprendre, Entreprendre, Créer l’innovation

de façon consciente, responsable et autonome

Attitudes

Fierté identitaire et culturelle, Recherche constante d’innovation, Engagement communautaire

Qualités

Confiance en soi, Respect des autres, Esprit d’équipe, Sens de l’organisation,

Solidarité, Sens des responsabilités, Sens de l’initiative, Ingéniosité et créativité

Leadership, Conscience entrepreneuriale, Apprentissage autonome, Humanisation

Forces

Les 3 D

Diagnostic, Dynamisme, Détermination

Rôles

Initiateur, Réalisateur et Gestionnaire

de projets

Nota Bene :

      • Ces cibles éducatives ne font pas l’objet d’une évaluation, elles servent de guide à la pédagogie.

      • La manière dont sont joués les rôles d’initiateur, de réalisateur et de gestionnaire par les jeunes dans leurs projets, est la clé maîtresse du succès de cette pédagogie. La pédagogie associée à ces rôles permet un développement harmonieux et en continue des cibles éducatives (compétences, attitudes, qualités et forces) chez chacun des jeunes, souvent avec l’appui de partenaires de la communauté.

      • Ce profil de sortie se veut complémentaire des exigences prévues dans les programmes d’études.

Architecture de l’ECE

Axe stratégique 1 : Assises culturelles15

CS 1.1 : Culture, langue et communauté

Axe stratégique 2 : Cadre pédagogique

CS 2.1 : Approche pédagogique et éducative en entrepreneuriat conscient (APEEC) 16

et autres approches à valeur ajoutée

CS 2.2 : Programme d’apprentissage en entrepreneuriat conscient (PAEC) 17

CS 2.3 : Formule pédagogique à la carte orientante (FPCO)

CS 2.4 : Technologies de l’information et de la communication (TIC)

CS 2.5 : Programmation pédagogique

Axe stratégique 3 : Apprentissage de qualité

CS 3.1 : Système de suivi en continu des progrès de chaque enfant

CS 3.2 : Compétences Plus (directement associé au décrochage pédagogique)

Axe stratégique 4 : Santé globale de l’enfant

CS 4.1 : Plan santé et ASSA (activités sportives et de santé animées - 30 minutes / jour)

CS 4.2 : Milieu sain et sécuritaire

Axe stratégique 5 : Partenariat école-famille-communauté

CS 5.1 : Communication école-famille-communauté

CS 5.2 : Structure communautaire d’appui

CS 5.3 : Services communautaires complémentaires

Axe stratégique 6 : Reconnaissance et valorisation

CS 6.1 : Célébrations pédagogiques en lien avec le PAEC18

CS 6.2 : Reconnaissance et marketing éducatif

Axe stratégique 7 : Leadership et progrès de l’école

CS 7.1 : Leadership mobilisateur et partagé

CS 7.2 : Suivi des progrès de l’école

Un système école-communauté au service de chaque enfant

L’ECE s’est développée progressivement et compte aujourd’hui 17 composantes structurantes (CS), toutes «communautarisantes», interdépendantes, et en synergie les unes avec les autres. Chacune des composantes structurantes disposent d’une intension claire formulée, de même un guide d’accompagnement est mis à la disposition des directions d’école et de leur équipe. Celui-ci sert à établir un diagnostic précis de l’état de la situation de départ, puisqu’aucune école ne part à zéro. En effet, dans une école donnée, certaines CS peuvent être déjà présentes en parti ou même y être relativement avancées (*ce qui n’est pas rare). La mise en œuvre des composantes structurantes est basée sur un processus d’amélioration continue, qui se fait au rythme voulu et en fonction des besoins annuels qu’identifient librement (de façon autonome) chaque école.

Rino Lévesque

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1 Voir section du présent article intitulée En Afrique. Au Canada, l’expression École communautaire entrepreneuriale est d’usage.

2 Pauvreté « pluricausale » : cette conception provient de l’idée que la pauvreté a plusieurs facettes et qu’elle est multiforme. Ainsi, selon moi, elle est à la source de diverses formes de décrochage au sens qu’elles sont engendrées ou correspondent à une pauvreté quelconque. Cette pauvreté peut être d’ordre social, économique, culturel, pédagogique, éducatif, etc. Or, les décrochages qui nous préoccupent particulièrement sont d’ordre pédagogique, éducatif et scolaire. Le décrochage face à sa santé (physique ou psychologique), sa culture ou sa communauté constitue d’autres exemples communément rencontrés dans nos écoles.

3 Empowerment : terme anglophone qui signifie une très forte prise en charge de soi, de son être en devenir.

4 Illustration vécue : Une jeune fille de 11 ans qui énonce avec assurance à la fin de ses études primaires « Je sais que je peux réussir ce que je vais entreprendre ».

5 C’est-à-dire une approche pédagogique et organisationnelle favorisant le mouvement croissant de l’enfant, de l’enseignant et de la direction vers l’environnement de l’école et sa réciprocité, soit le mouvement des personnes, organisations et entreprises vers l’école.

6 La santé globale réfère au développement équilibré des dimensions physique, affective, mentale, créative, sociale, économique, morale, culturelle, écologique et spirituelle que partagent tous les êtres humains.

7 PFEC : il s’agit du moyen organisationnel global servant au développement d’un programme complet d’école communautaire entrepreneuriale. La démarche proposée est à la fois entrepreneuriale et partenariale.

8 Système Clés : comprend 5 Clés spécifiques - CLÉ I - MOBILISATION, CLÉ II - PROJET, CLÉ III - PROGRAMME, CLÉ IV - ÉVALUATION, CLÉ V - CONTINUUM.  Chacune de ces Clés de changement structurel comprend des phases (3 à 6) qui sont elles-mêmes divisées en étapes non linéaires.

9 Cette image s’inspire d’un adage de la sagesse populaire africaine « Il faut tout un village pour éduquer un enfant ». Il a été légèrement modifié pour refléter la couleur du concept PFEC.

10 L’école Cœur-Vaillant porte le nom de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur jusqu’en 2002. Note : elle fait partie de la Commission scolaire des Découvreurs située dans la ville de Québec. Voir site Internet http://pedagogie.csdecou.qc.ca/des-coeurs-vaillants/

11 Pulperie Inc. fut mise en place à l’école en 2002, il s’agissait alors d’une condition permettant à l’école de joindre le Réseau québécois des écoles entrepreneuriales et environnementales (RQEEE). Source internet : http://www.rqeee.qc.ca/

12 Extrait : Mémoire en faveur de l’École communautaire entrepreneuriale : Clé maîtresse pour un développement viable, p. 12.

13 Voir article : VALENCE, Yvan (octobre 2010). Développer une école par un projet rassembleur ! fqDE, Le magazine en éducation, vol. 1 # 1 - Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

Source internet : http://fqde.qc.ca/revue-fqde/resume-de-ledition-dautomne-2010/developper-une-ecole-par-un-projet-rassembleur/

14 L’école au cœur de la communauté : l’expression devenue projet, vit le jour lors de l’année scolaire 2004-2005 sous l’impulsion de M. Roger Doucet, sous-ministre du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick (gouvernement de M. Bernard Lord). L’École communautaire entrepreneuriale sera alors expérimentée dans trois des cinq écoles participant au projet pilote de départ.

15 Se dénomme Construction identitaire au Nouveau-Brunswick et la composante structurante qui l’accompagne fut nommée Identité culturelle et linguistique.

16 Se dénomme Approche pédagogique et éducative à valeur ajoutée au Nouveau-Brunswick.

17Se dénomme Programme d’apprentissage orientant et novateur (PAON) au Nouveau-Brunswick.

18 Se dénomme Évènements pédagogiques rassembleurs au Nouveau-Brunswick.

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