2026, pourquoi pas une bonne cuvée pour l’éducation ?

Le 27 décembre, j’étais devant un feu de foyer télévisé (oui !), à repenser à cette année 2025 et à ce qui s’est passé dans le monde de l’éducation depuis mon entrée en poste en juillet.    

Comment ont été vécues les coupures de 570 millions au printemps, suivies de la réinjection des mêmes sommes (ou presque) en juillet, faisant apparaître les plafonds ETC (pardon, les cibles) ainsi que la mise en place des nouvelles règles sur la laïcité avec le PL94 ? Quel constat peut-on faire sur le terrain quant à l’escalade de la violence dans nos établissements d’enseignement, l’interdiction du cellulaire, le changement de ministre de l’Éducation, l’école à trois vitesses pour terminer avec la gestion des buttes de neige ?

Et bien, dans tout cela, je me rends compte que malheureusement en 2025, nous avons bien trop peu parlé du bien-être et de la réussite des jeunes.

Malgré tout, j’aimerais quand même retenir deux éléments positifs :

  1. Nous avons assisté au printemps dernier, à la création d’une des plus grandes coalitions de directions, cadres, syndiqués, parents et différents groupes qui tiennent à préserver une éducation de qualité au Québec, notamment en s’opposant aux coupures budgétaires.
  2. Quand il y a des recommandations exagérées sur un degré de pente des buttes de neige à respecter ou lorsqu’on ne sait pas comment interpeler une personne non binaire, le ministère sait alors faire appel au bon jugement des directions afin de trouver une voie de sortie. Une belle habitude à conserver : laisser tomber la microgestion ministérielle en s’appuyant sur les directions et leurs équipes.

Maintenant, moi, je suis un gars d’optimisme. Je vais continuer encore un peu de refuser d’être découragé par le système et de croire qu’il est possible de l’améliorer. Je me suis donc demandé à quoi ressemblerait une bonne année en éducation, avec des décisions et des travaux qui serviraient réellement le travail des équipes sur le terrain et la réussite de nos élèves.

Voici ce à quoi je rêverai de penser, en décembre 2026, devant un vrai feu de foyer :

• Janvier et février : Les centres de services scolaires amorcent l’organisation scolaire 2026-2027 et Mme Lebel annonce que les cibles ETC ne sont plus à considérer dans cet exercice déjà fort complexe. Un soupir de soulagement se fait sentir dans l’ensemble du réseau.

• Mars : L’Institut national d’excellence en éducation prend son envol. Rapidement, nous constatons qu’il n’est pas politique et qu’il s’appuie sur les meilleures pratiques en place dans les écoles. Le travail des directions et de leurs équipes est enfin mis en lumière.

• Avril : Les règles budgétaires du ministère sont déposées (contrairement à juin en 2025). Les centres de services scolaires et les directions disposent, dès avril, du temps nécessaire pour ficeler l’organisation des services. De plus, bonne nouvelle : elles sont bonifiées afin de compenser les restrictions de 2025-2026, et les centres de services dirigent les sommes vers les écoles pour que les décisions soient prises le plus près possible de nos élèves.

• Mai : Les travaux du comité « Rôle de l’école » sont complétés. Avec l’appui des ministères, des CISSS, des parents et d’autres organismes partenaires, certains mandats confiés aux écoles au fil des années sont retirés, leur permettant ainsi de se recentrer sur la réussite et le bien-être des élèves.

• Août et septembre : La rentrée scolaire se déroule mieux que par les années passées, alors que la campagne électorale bat son plein. Les partis politiques placent l’éducation au cœur de leurs priorités et s’engagent à amorcer un chantier visant à moderniser un système d’éducation québécois financé avec prévisibilité.

• Novembre : Le nouveau parti au pouvoir annonce la tenue d’états généraux sur l’éducation. Le ministère amorce une réflexion en collaboration avec les directions générales, les cadres, les syndicats, les parents, les élèves et les organismes gravitant autour du milieu scolaire, sans oublier celles et ceux qui gèrent les écoles et les centres au quotidien : les directions d’établissement.

• Décembre : Quelle belle année 2026 ce fut pour l’éducation. Les équipes-écoles sont mobilisées, les jeunes s’investissent dans leur réussite, les parents appuient les écoles et, devant ce vent de fraîcheur, les universités et les cégeps constatent une hausse des inscriptions dans les programmes menant aux professions de l’éducation.

Je suis conscient que ce billet déborde d’optimisme, mais il est temps de parler de solutions et de ce qui peut être fait pour améliorer ce qu’il y a de plus important dans une société : son éducation. Soyez certains que les directions et directions adjointes du Québec sont prêtes à contribuer à cette amélioration, à la condition qu’elles soient écoutées, comme de raison…

Francis Côté
Président de la FQDE