La rentrée est un moment clé, un jalon qui donne le ton pour l’année à venir. C’est l’occasion pour les directions d’établissement d’enseignement de rallier leurs équipes autour d’une mission essentielle : la réussite des élèves dans un environnement stimulant et sécuritaire.
Alors qu’ils se préparent à accueillir les jeunes pour l’année 2025-2026, nos membres s’efforcent de maintenir la motivation et l’optimisme, malgré un contexte qui, au moment des dernières vacances estivales, demeurait lourd d’incertitudes pour bon nombre d’entre eux.
Les vagues de compressions budgétaires ont malheureusement laissé derrière elles des marques tangibles : des postes cruciaux ont été abolis, des expertises précieuses ont disparu, nos structures scolaires ont été contraintes de se resserrer, et des décisions budgétaires ardues ont dû être prises pour atteindre des objectifs financiers souvent irréalistes. Bien que certaines de ces coupes aient été réévaluées au cours de l’été, il est impératif de souligner que ni les établissements ni les centres de services scolaires ne retrouvent unanimement leurs niveaux d’effectifs précédents, et subissent encore un financement réduit sur divers fronts.
Ce qui assombrit réellement cette rentrée pour les acteurs du milieu et l’ensemble de la population québécoise, c’est la nécessité impérieuse de nous lever collectivement et avec force en 2025 pour préserver notre système éducatif. La population s’est mobilisée comme jamais avec le mouvement « Unis pour l’école ». Notre fédération est fière de faire partie d’une coalition de partenaires qui, d’une même voix, crient haut et fort que nous ne devons pas sacrifier l’éducation au profit de l’équilibre budgétaire.
Aux partis politiques qui se prépareront à solliciter des votes dans la prochaine année, nous formulons une demande sincère. Parlez d’éducation, mais faites-le avec une authentique reconnaissance de son rôle pivot pour bâtir une société moderne : une société plus saine, plus ouverte, dotée d’une langue forte, plus robuste économiquement, plus sécuritaire, et capable de se prémunir contre des choix politiques préjudiciables.
Nous attendons de vous des engagements qui se traduisent par des actions concrètes :
• Que votre discours sur l’éducation vise réellement à améliorer la réussite de nos jeunes, en s’appuyant sur des pratiques reconnues et éprouvées.
• Que les budgets alloués à l’éducation soient perçus comme des investissements stratégiques pour l’avenir de notre collectivité, et non comme de simples dépenses sujettes à des réductions.
• Que la formation professionnelle et l’éducation des adultes soient pleinement reconnues comme des leviers essentiels dans la lutte contre le décrochage scolaire.
• Et par-dessus tout, que vos promesses électorales concernant l’éducation soient synonymes de vérité et se concrétisent tout au long de votre mandat, si vous êtes portés au pouvoir.
La société québécoise a envoyé un message fort et univoque : l’éducation ne peut être mise à mal pour de pures considérations financières. Les directions d’établissements d’enseignement continueront de veiller sans relâche à défendre ceux qui bâtiront notre société, un élève à la fois.
Francis Côté – Président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement