Passer de crier au loup à Pierre et le loup

Je sais que mon titre est particulier pour mon 4e billet, mais il représente bien le propos.

Depuis très longtemps nous sommes au Québec dans une dynamique de dénonciation d’enjeux problématiques en éducation, santé, transport, environnement, développement économique et j’en passe. Depuis toujours le gouvernement, peu importe le parti, réagit en fonction des alarmes entendues de la population et des médias, gouvernant en fonction d’un cycle électoral et tentant de trouver un impossible équilibre entre une saine gestion et les décisions électoralistes. C’est assez ! Une société moderne avec autant de potentiel que le Québec se doit d’avoir une vision à long terme durable qui guide les décisions gouvernementales et non l’inverse. Comme le dit Michael Fullan : « Made your own Finland ! »

Bien entendu, bien que mon propos soit applicable à tous les domaines précédemment nommés, je me pencherai sur ce qui est selon le discours populaire la grande priorité des différents partis qui défilent depuis 1970 : l’éducation. Pourquoi en faire réellement une priorité ? Parce qu’une population mieux éduquée est moins malade, plus qualifiée et productive, contribue à l’économie et à tout ce qui constitue un filet social fort.

Dans Pierre et le loup de Prokofiev, la morale principale est que le courage, l’intelligence et la ruse d’un enfant peuvent triompher de la peur et de la force brute. Pierre, en bravant les interdits de son grand-père, démontre que la débrouillardise permet de surmonter les dangers et de dépasser l’autorité adulte. Soyons Pierre et arrêtons de laisser la politique gouverner à l’aveugle sans projet de société, dictons aux prochains partis au pouvoir, ce qui doit être des incontournables :

– Des états généraux sont nécessaires. Le monde a vécu des transformations historiques dans les 30 dernières années, nos élèves ont profondément changé, mais jamais pendant ce temps nous n’avons réellement repensé l’école.

– Un grand chantier en adaptation scolaire est essentiel. Les besoins des jeunes changent grandement, mais l’élément le moins adaptatif dans notre système est l’adaptation scolaire.

– Un financement immuable en infrastructure. Il est beaucoup plus intéressant de faire une conférence de presse devant une école neuve que devant un entrepreneur qui répare un mur de brique de 50 ans qui ne doit pas s’effondrer sur des enfants du primaire qui jouent. Il faut un maintien et des investissements durables, ça suffit.

– Redonner l’attractivité de l’éducation. La mesure la plus efficace contre la pénurie de main-d’œuvre est de redonner les lettres de noblesse à nos écoles et nos centres.

– Finalement, guider l’éducation avec 2 questions en tête : comment vont les élèves et est-ce qu’ils apprennent ? Il y aura toujours des considérants et des angles morts, mais il est essentiel de toujours revenir à ces simples questions quand nous réfléchissons l’éducation.

Futurs partis au pouvoir, ne faites pas de ces 5 éléments des annonces et des conférences de presse, mais une base de travail pour améliorer à long terme le Québec.

Pierre ne veut plus crier sans être cru, il souhaite être écouté pour son intelligence et sa capacité à s’adapter.

Francis Côté
Citoyen du Québec et Président de la FQDE